Depuis quatre ans que le festival PULP existe, outre les excellentes expositions, les rencontres choisies, et le cadre printanier de la Ferme du Buisson, se glisse dans le programme une performance comme on en voit peu. Après Histoires d’amour de la compagnie Theatrocinema, Billy The Kid I Love you, de Loo Hui Phang, Rodolphe Burger, Julien Perraudeau, Fanny Michaëlis et Philippe Dupuy, cette année, le frisson nous a traversé lors de la représentation de Dark Circus.

Passée par le festival d’Avignon en 2015, la compagnie Stereoptik fait tourner dans toute la France et bientôt aux États-Unis leur perle de spectacle.
Le cadre est sobre : deux hommes de chaque côté de la scène, chacun entouré de ses instruments. Pour l’un, batterie, clavier, guitare, console ; pour l’autre, rétroprojecteur faisant office de table à dessin, console également. Le reste apparaîtra au fur et à mesure d’un sensible dévoilement… Et au centre, un écran. De ce simple dispositif nait sous nos yeux l’histoire animée du Dark Circus. « Venez nombreux, devenez malheureux ! », interpelle le Monsieur Loyal de ce cirque peu commun. Adapté d’un conte de Pef, le film déroulé sous nos yeux se compose de chacun des numéros effectués par la trapéziste, l’homme canon, le dompteur de lion, le dresseur de chevaux, et le jongleur. Mais chacun d’entre eux se termine dramatiquement mal… Sauf le dernier, dont on laissera le plaisir du renversement.

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Dark Circus, Stereoptik © Christophe Raynaud de Lage

Marionnettes de théâtre d’ombre, fusain, sable, peau de percussion, deviennent tour à tour la matière d’une magie dont les secrets nous sont révélés. Depuis la création de leur compagnie en effet, Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet, tous deux musiciens et plasticiens, ont en effet à cœur de mettre à nu les mécanismes à l’œuvre lors de leurs créations. Et bien loin de rompre l’illusion, leurs gestes participent à la poésie du récit. Ainsi les cordes vibrantes d’une guitare deviennent-elles à l’écran la cage d’un lion féroce, ainsi une plaque faisant glisser les grains d’un sable noir fait-elle jaillir les traits d’un élégant bâtiment. Finesse de la simplicité…
Ici, toute image en naissance procure un tressaillement d’admiration, toute métamorphose suscite fascination tant les trouvailles sont subtiles.

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Dark circus
De STEREOPTIK
Création et interprétation : Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet
D’après une histoire originale de PEF
Regard extérieur : Frédéric Maurin
Régie générale : Arnaud Viala en alternance avec Frank Jamond
Production et Administration : Karine Branchelot et Lisa Lescoeur

Le site de Stereoptik

Sarah Dehove

texte également publié sur avoir-alire.com